Lynda Aphing-Kouassi,directrice générale du cabinet Kaizene.

      «Nous voulons jeter le pont entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique  de l’Ouest»

Après une expérience de plus de 15 ans dans le secteur des banques d’affaires et du milieu financier à Londres, Lynda Aphing-Kouassi, directrice générale du cabinet Kaizene, n’a qu’une ambition: mettre son expertise au service de l’Afrique. Ainsi, depuis son retour, il y a environ 4 ans, la financière ivoirienne organise chaque année, via son cabinet-conseil, un forum d’innovation dédié à la promotion de meilleures solutions techniques et financières en matière d’infrastructures en Afrique. Pour cette année, c’est la ville Rwandaise de Kigali, modèle de référence économique par excellence, qui a été choisie pour abriter cet évènement visant à créer une synergie autour du développement des infrastructures en Afrique.Le thème retenu cette année fait le parallélisme existant entre les infrastructures , l’intelligence artificielle, l’éducation et la santé. Autrement dit, comment les infrastructures doivent “impacter” positivement notre environnement et comment nous devons utiliser notre dividende démographique.
Entretien.

Pouvez-vous, s’il vous plaît, vous présenter ?

Je suis Lynda Aphing-Kouassi, directrice générale du cabinet Kaizene, structure que j’ai créé depuis maintenant 4 ans. Je milite
en faveur d’une Afrique innovante, capable de prendre son destin en main à travers l’entrepreneuriat. Je suis résolument
engagée à apporter ma pierre à l’édifice pour le développement de l’Afrique.

Quel est le crédo de Kaizene?

Kaizene est un cabinet qui se veut un catalyseur permettant de booster les formations spécialisées sur mesure, le coaching, les partenariats, la responsabilité
societale, et le développement des femmes et des jeunes en Afrique. Pour cela, notre structure, basée à Abidjan et en Angleterre, organise très régulièrement des séances d’executive coaching, de séminaires de formations au vu de renforcer les capacités des personnes en entreprise et la profitabilité des entreprises et créer une culture en entreprise ainsi que des conférences annuelles (B2B business to business, business to people) dédiées à la promotion des investissements dans les infrastructures et le secteur des BTP en Afrique.
Nous avons eu l’opportunité de travailler avec plus d’une quarantaine d’entités.

Pourquoi cette conférence sur les infrastructures et les BTP et le choix de Kigali ?

Cette conférence, qui est notre évènement annuel, nous permet de faire le focus sur les infrastructures nécessaires au développement de l’Afrique. Un
développement qui passe également par l’agriculture, l’éducation et la santé car n’oublions pas tous les secteurs ont besoin d’infrastructures. À travers cette conférence, nous montrons et valorisons nos talents Africains ainsi que la promotion de nos villes Africaines. Nous mettons également en exergue les projets existants dans ces pays et permettons à tous de les découvrir et comprendre leur importance pour les populations. Durant cette conférence, Nous allons faire un vrai parallèle entre les infrastructures, l’éducation et la santé, deux des piliers les plus importants du développement, nous allons avoir des études de cas sur le développement rural et urbain, les politiques de bonne gouvernance, le commerce intra régional , le transport et les financements.Les étudiants de l’African Leadership University seront également au centre de l’organisation de cet événement.

L’Afrique a incontestablement un vrai avantage comparatif à travers le dividende démographique. Mais comment Capitaliser
sur ce dernier pour l’optimisation des ressources et la transformation économique et sociale? Il est essentiel de comprendre
comment le secteur de la santé, de l’éducation, l’intelligence artificielle doit interagir avec les infrastructures.

Pourquoi le choix de Kigali pour l’organisation de cette conférence?

Nous avons choisi la ville de Kigali parce qu’elle constitue un vrai modèle pour le développement en Afrique.Le Rwanda s’est imposé comme une
référence en termes de bonne gouvernance,de leadership et de volonté sociale et politiques sur le continent. Les femmes
et les jeunes y jouent un rôle important et cela se voit à travers la constitution du parlement et du gouvernement. Exemple
type de modèle de réussite africaine par les africains, chaque état Africain a sa culture et son modèle mais le Rwanda nous montre
que le développement Africain est possible il est donc bon pour nous de partager avec les états qui progressent et adapter ces
modèles de réussite à nos différents états. Nous pouvons gagner en talent, en compréhension de développement et
en benchmarking en retirant les ponts,comme le fera cette conférence , entre les deux régions et, d’une manière générale,
entre l’Afrique anglophone et francophone. La langue ne doit pas être une barrière dans la recherche essentielle d’un modèle de
développement africain par des africains.

Est-ce qu’il y a un modèle rwandais dans le développement des infrastructures et l’innovation ?

Déjà le Rwanda est en train de travailler sur le concept greenhousing, des logements sociaux intelligents, reposant en partie sur l’innovation digitale et qui sont encore méconnues en Afrique francophone. Ce sont des maisons résilientes, respectueuses de l’environnement et qui combinent facilité d’accès en termes de prix (logement social) et ergonomie, palliant au souci de la démographie et des salaires. Le Rwanda travaille extensivement sur la transformation des déchets et le recyclage, axe important du développement des infrastructures. Je dirais que le Rwanda a une approche de développement des infrastructures qui prend en compte l’environnement, le climat et l’inclusion sociale.

Quels sont les types de partenariat qu’on pourra signer lors du forum entre les entreprises de l’Afrique de l’Ouest et celles de l’Est?

Nous travaillerons sur le secteur de l’énergie, du recyclage, des courriers, des municipalités. On aura des fonds d’investissements qui viendront d’Afrique
et d’Europe. Cette année, on aura le plaisir de recevoir des entreprises de la Corée, de la grande Bretagne et des États-Unis mais surtout du Nigeria, du Kenya, de la Côte d’Ivoire,du Cameroun et de Afrique du Sud. L’accent sera mis sur les partenariats gagnant -gagnant et le transfert de technologie. Il faut également donner la chance aux entreprises locales africaines qui veulent exploiter leur potentiel également de se faire valoir. Je dirai donc un grand nombre de partenariats pourront être signés.

Les modes de financement évoluent dans le domaine des BTP et des infrastructures passent souvent par les PPP? Quelles sont
les nouvelles tendances en la matière?

Les PPP, PPA et autres modèles de partenariat sont tres utilisés. Pour moi avant toute chose ce sont leur mise en place et compréhension qui causent
problème. Les différents investisseurs nous demandent de grosses garanties ou nous imposent des taux exhorbitants surtout dans le domaine des infrastructures et des BTP et de l’énergie. Il faudrait s’assurer que le maximum de profit soit ressenti dans nos pays. Nous devons pouvoir négocier nos
contrats sans complexes avec tout potentiel partenaire ou investisseur en utilisant nos talents. Les autorités doivent également faire la promotion des entreprises locales, il est parfois difficile pour une structure locale de soumissionner à un projet car il y a beaucoup de contraintes liées notamment
à la typologie des conditionnalités inscrites dans les appels d’offres et les cahiers de charge. Les sociétés doivent mettre en place des joint-ventures, des partenariats avec des entreprises étrangères afin de soumissionner pour des projets.

Les PPP, PPA et autres modèles de partenariat sont tres utilisés. Pour moi avant toute chose ce sont leur mise en place et compréhension qui causent problème. Les différents investisseurs nous demandent de grosses garanties ou nous imposent des taux exhorbitants surtout dans le domaine des infrastructures et des BTP et de l’énergie. Il faudrait s’assurer que le maximum de profit soit ressenti dans nos pays. Nous devons pouvoir négocier nos contrats sans complexes avec tout potentiel partenaire ou investisseur en utilisant nos talents.

 Les autorités doivent également faire la promotion des entreprises locales, il est parfois difficile pour une structure locale de soumissionner à un projet car il y a beaucoup de contraintes liées notamment à la typologie des conditionnalités inscrites dans les appels d’offres et les cahiers de charge. Les sociétés doivent mettre en place des joint-ventures, des partenariats
avec des entreprises étrangères afin de soumissionner pour des projets.

Elles nous le dirons durant la conférence etnous trouverons certainement ensemble les meilleurs financements nécessaires à notre développement.

Selon l’objectif 9 des sustainable development growth (SDG) des Nations Unies, les investissements dans les infrastructures et l’innovation sont
imperatifs et les piliers du développement. Avec la moitié de la population vivant dans les grandes villes, le développement des infrastructures de transports et des énergies renouvelables deviennent de plus en plus importants ainsi que le numérique, les nouvelles technologies et la communication parmi tant d’autres, chose qui explique le parallèle que nous faisons durant la conférence entre l’intelligence artificielle et les infrastructures car le progrès de ces derniers reste une solution pour les challenges économiques et environnementaux que nous connaissons en Afrique et cela en pourvoyant les
emplois et en facilitant le commerce intra-régional. 40% de la productivité des entreprises sont perdues dû aux contraintes liées à l’infrastructure dans nos pays et nous devons pouvoir contribuer à la recherche de solutions pour notre développement d’où notre initiative de conférence.

Notre conférence offrira l’opportunité aux entreprises de se vendre à travers l’utilisation de stands, aux dirigeants de vanter leur projets mais surtout de recevoir le feed-back des consommateurs donc des populations à travers des panels, la possibilité de revoir les fonctionnements à travers des études cas et surtout de discuter investissement à travers les B2B. Certains disent que l’Afrique est le continent à conférence sans résultats, nous disons que la répétition est pédagogique et nous continuerons car nous croyons qu’ensemble nous trouverons nos solutions en allant à l’essentiel et en ayant une volonté vraie de développement commun pour tous à défaut de développement individuel.

Propos recueillis par Adama Wade